PILIER 2

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Un rôle nouveau pour l'État

Dans le régime d’une politique de croissance tirée par le bas, il n’est plus, il ne peut être question ni d’État stratège, d’État régulateur ou d’État arbitre. En fait, quand on dresse le bilan de tous ces États qui, à notre avis, ne se sont jusqu’ici caractérisés que par l’élégance de l’adjectif qui les accompagne, le bilan net, c’est l’État zéro : ni croissance de l’économie, ni stabilité politique, ni respect de la liberté des transactions, ni système judiciaire efficace. Par contre, le nouvel État qui viendra au soutien de la politique de croissance par le bas sera tout simplement pragmatique. Un État pragmatique est un État qui ne s’engage à rien par avance, sauf à réduire les inégalités et à réaliser la croissance avec un nombre de cuisiniers en augmentation.
L’idée centrale de l’État pragmatique est que quand, comme en Haïti, les marchés ne fonctionnent pas bien ou simplement n’existent pas, les signaux de prix sont impuissants à allouer efficacement les ressources. L’État pragmatique ne peut pas se croiser les bras et regarder le système économique avec l’œil d’un spectateur, étranger au système, et qui ne se reconnaîtrait d’autre mission que de distribuer des blâmes ou des crédits. L’État pragmatique se reconnaît comme mission :
– De renforcer les marchés quand ils sont incomplets, segmentés à l’extrême ou fragiles;
– De se substituer aux marchés ou de les corriger si le mécanisme fonctionne mal;
– De faciliter la coordination des agents privés avec les marchés et de faciliter la création d’institutions du secteur privé destinées à remédier aux imperfections du marché.
Les interventions de l’État pragmatique ne se feraient pas sous forme de diktats mais de discussions, de délibérations collectives non seulement avec le secteur privé, mais aussi avec les universitaires et la société civile, à partir d’une vision communément partagée de la nécessité d’un processus de croissance qui inclut, au lieu d’exclure, bénéficie à tous, et non pas à quelques-uns seulement.
Un État pragmatique, mais aussi un État efficace, c’est-à-dire un État disposant d’une fonction publique ouverte, transparente et compétente, débarrassée des contraintes de la politique politicienne, basée sur le mérite, à partir d’une formation acquise dans une École Nationale d’Administration de haut niveau, un État fonctionnant selon des règles qui seront les mêmes pour tous, une police de proximité qui inspire confiance aux citoyens, qui a le souci de prévenir le crime plutôt simplement que de réprimer, un système judiciaire politiquement indépendant de l’autorité politique du moment, disposant de règles de procédures et de moyens modernes, avec des niveaux de salaires substantiellement améliorés et de solides garanties de carrière, et enfin un système de décentralisation ou de déconcentration des pouvoirs aux provinces et aux communauté, avec dévolution correspondante du pouvoir de percevoir et de garder pour elles-mêmes le produit de certaine taxes et même -et pourquoi pas ?- d’emprunter auprès des banques pour certains projets ayant passé le test de la rentabilité économique.

Un développement par le bas...
PILIER 2
Un rôle nouveau pour l’État...
Un mode de gouvernement honnête, consensuel, participatif, décentralisé et inclusif.
Un financement de $3 milliards sur cinq ans, essentiellement de source nationale.
Une coopération internationale renouvelée dans ses moyens, ses instruments et ses objectifs.
Une coopération étroite avec les organisations de la Diaspora Haïtienne où qu’elles soient.

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