COMMENTAIRE : Haïti n’a pas les forces de sécurité adéquates pour combattre les gangs !

October 18, 20220

Chers compatriotes haïtiens,

Depuis des mois, impuissants, nous vivons dans l’indignité, car nos femmes et nos enfants sont assassinés et violés à Martissant, Torcel, Canaan ; amis et collègues kidnappés et tués dans tous les coins de Port-au-Prince ; familles décapitalisées après avoir payé des rançons exorbitantes. Et maintenant, nous assistons toujours, impuissants, à des nourrissons qui meurent dans les hôpitaux faute de carburant, et à de nombreux enfants qui meurent du choléra faute d’eau potable et de soins appropriés.

Cette situation infra-humaine devrait révolter nos consciences de pères, de mères, de citoyens engagés et d’hommes et de femmes responsables.

Le fait est que nous n’avons pas une force policière suffisante, bien équipée et bien entraînée pour réprimer cette prolifération de gangs. Notre force armée en est encore à ses balbutiements.

Chers compatriotes, quand on se noie, on ne regarde pas la couleur de peau ou la religion du sauveur, c’est bien connu le vieil adage ; Cependant, dans certaines circonstances, compte tenu de notre passé historique, nous aurions aimé avoir à faire d’autres choix ou pouvoir disposer de nos propres moyens plutôt que de crier à l’aide ailleurs… mais hélas ! La réalité brûlante est là, blessante et douloureuse sous nos yeux, dans notre chair et dans notre quotidien.

Patrice Lumumba a déclaré : « L’indépendance politique n’a de sens que si elle s’accompagne d’un développement économique et social rapide ».

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Il a également déclaré : « Sans dignité, il n’y a pas de liberté, sans justice, il n’y a pas de dignité et sans indépendance, il n’y a pas d’hommes libres ».

Nous ne sommes plus libres. Libre de vaquer à nos occupations. Libre d’envoyer nos enfants à l’école sans crainte. Libre pour se détendre (aller à la plage entre amis et/ou en famille) et rendre visite à des amis ou à des proches dans une ville de province. Même organiser une petite fête à la maison est stimulant.

Aujourd’hui, force est de constater qu’il n’est plus de mise de brandir un « faux-semblant » de nationalisme tout en observant, avec tristesse, la société s’effondrer sous les ordres de hors-la-loi. De ceux qui se taisent ou qui vocifèrent, la réalité est la même : Nous sommes dans une impasse !

Il est inconcevable de continuer à assister à la mort lente d’Haïti alors qu’il existe des alternatives. Quelles alternatives peuvent toujours en déplaire à plus d’un et à juste titre, il faut le reconnaître. Cependant, la défense de la vie vient en premier. Il n’est pas si difficile de comprendre et de porter un jugement. Alors prônons le choix de vie plutôt que celui de la mort lente !

Nous sommes un peuple fier, mais intelligent, nous saurons regarder dans la bonne direction pour remettre les pendules à l’heure au bon moment. Soyons courageux et honnêtes avec nous-mêmes et notre progéniture. Gageons que nous ne nous retrouverons pas dans cette situation, ô combien difficile, en veillant à mieux choisir nos dirigeants à l’avenir en faisant taire nos émotions et en nous concentrant sur des projets de société viables et des visions éclairées pour une meilleure Haïti pour ses fils et ses filles.

 

Jude Elie, candidat aux élections présidentielles d’Haïti

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